Le paradis, c'est les autres.
Cela vous fera sourire, vous pourrez même vous foutre de moi, mais je referme ce livre avec regret. C'est écrit sous la forme d'une entretien avec Soeur Emannuelle, où elle raconte son parcours de vie depuis son enfance. Alors, il faut se sortir du crane toute considération religieuse (certains connaissent ma position sur le sujet) et ne s'attacher uniquement qu'à l'individu.
Un personnage haut en couleurs, une personnalité forte et entêtée. Un langage clair plein de bon sens et d'une clairvoyance charismatique... je n'ai pas assez assez de superlatif, pour dire à quel point j'admire cette femme.
Un extrait :" J'avais l'impression qu'un laser pénétrait dans mes entrailles pour y débusquer les deux composantes de ma personnalité qui sont à l'origine de ma passion de vivre : la révolte et l'amour."
Combien de fois j'ai souris, combien de fois j'ai pouffé en lisant ces paroles. C'est un leçon, pour nous autres occidentaux, larmoyant au moindre pet-de-travers .

C'était une enfant turbulente aet joyeuse avec un fort esprit de contrariété. Elle se savait passionnée et a préféré tourner son entousiasme débordant vers les ordres, désireuse de mettre son energie au profit des plus démunis. Elle a enseigné dans les collèges en Turquie, Tunisie et au Caire pendant 40 ans avant que sa hiérarchie lui accorde enfin l'autorisation (à sa retraite) de s'occupper des miséreux. Combien de fois a t'elle voulu partir de la congrégation, pour faire accepter son désir de s'occuper des pauvres? Sa volonté inébranlable a payé.
Ele s'installe donc à 62 ans, dans un des bidonvilles du Caire, campant sur une décharge dont on imagine même pas l'ampleur. Son âge fut un atout, dans le sens où elle était en terrain mulsulman et où la femme n'avait pas sa place. Elle a vécu parmis les ordures, et s'est battue avec acharnement, pour améliorer les conditions de vie des autres.
A titre d'exemple, elle a permis de créer une usine de compost, de faire travailler les gens, de leur permettre d'exister enfin,là où il n'y avait que des immondices...
Elle était bien seule au départ, mais sa détermination à trouver des solutions, cette rage d'avancer a permis à des pays comme l'Egypte, le Soudan et bien d'autres une certaine prise de conscience de la misère...Oui, la misère existe encore, mais il y a des gens qui tentent aujourd'hui d'apporter l'éducation et l'accès au soin.
"Aujourd'hui que je vis loin des bidonvilles et que j'ai parfois un peu l'impression de perdre patience, je m'interroge :qu'est-ce qui là-bas, qui pourrait expliquer cet incroyable sentiment de bonheur qui m'animait? je crois que c'était le fait d'avoir rompu avec toute espèce de privililèges qui, finalement nous éloigne de la nature de l'homme, nous éloigne aussi de ce que vit une bonne partie de l'humanité. Dans les ordures, il n'y a rien de superficiel, rien d'atificiel. Sans masque, sans oripaux, on est renvoyé à la réalité de sa vie. Et puis, il y avait la fraternité.."
Je ne suis pas entrain de vous solliciter, pour faire des dons, j'ai juste envie que l'on soit moins nombriliste ! Ca parle d'amour, tout simplement.