le Véto
j'avais rendez-vous chez le véto, afin de faire examiner le chien pour une petite visite de controle , et une grosseure mamaire.
J'ai à peine eu le temps d'ouvrir mon bouquin, qu'il m'interpelle dans la salle d'attente:" Je ne vous laisserai pas le temps de lire, c'est à vous !"
Je prends ça comme une bonne nouvelle, n'étant pas d'une nature à faire le pied de grue pendant perpette. Il est ponctuel et j'apprécie. Il m'accueille par une poignée de main puissante et chaleureuse. je me dois de ne pas jouer la fillette et lui rends la politesse avec la même dynamique. Il est plutot sympa, (je me sens presque, comme dans une consultation avec Doc Jean-Christophe) me pose des questions amicales. Son regard bleuté est empreint de beaucoup de gentillesse, je le trouverai presque charmant, s'il n'était pas aussi blond...Non, c'est rédibitoire de dire cela...Il est charmant tout court et d'une sereinité rassurante !
On passe aux choses sérieuses. Il ausculte le chien, coeur, oreilles, train arrière, et cette grosseur...
Il l'emène à la radio...Reviens...mais je sens déjà que l'insolence du soleil d'aujourd'hui va ternir quelque peu ce qu'il va me dire...Comme si le temps suspendait son vol...Ca fait toujours cette impression lorsque l'on anticipe sur un silence pesant... Il m'explique que c'est une tumeur, salement propagée... "Alors, on la retire, docteur?"...Ce n'est pas si simple, des métastases se sont développées ailleurs...
Ce n'est pas que je sois super attachée au chien...Mais, je m'aperçois bêtement du contraire...Je fuis son regard...Je commence à fixer, le sol, mes pompes...Je me mords l'intérieur des joues, ça aide à ne pas faire monter les larmes, qu'il devine déjà...
Le silence...
je réfléchis, quel est le meilleur choix...Attendre les six mois qu'il lui reste en la regardant crever...Aujourd'hui elle ne souffre pas, mais demain...Ou bien prendre le risque d'ouvrir , de la réparer ou de la condamner suivant 'état...devant mon desaroi, il me dit que si c'était son chien, il prendrait le risque de l'opération... je m'assoie, mes yeux brillent, il me propose un mouchoire que je refuse poliment .
Je sens bien, qu'il n'essaie pas de me vendre sa prestation, vu le tarif qu'il pratique...De toute façon, je ne peux pas la laisser se gangrèner un peu plus, on fixe le rendez-vous vendredi matin, avant d'aller bosser...