Flash Back

Je croise cette jeune fille, je ne l'ai jamais vu mais pourtant son visage m'est étrangement familié...je la questionne et découvre que sa mère n'est autre que l'une des meilleures amies que j'ai pu avoir au collège.
J'avais douze ans et je rentrais en cinquième lorsqu'on s'est rencontrée. Zaza et moi, c'était Laurel et Hardy version Thelma et Louise (vous suivez?). Deux pitres qui se révélaient l'une à lautre...c'est la personne avec qui j'ai fait le plus de conneries, où nous vivions dans une insouscience et un live total. Elle écoutait renaud (comme ça que je l'ai connu d'ailleurs)et moi, les Beruriers...Allergique à l'ordre établi, à l'autorité, nous avions élaborré de nombreux stratèges afin de trouver la liberté à l'exérieur du collège.On s'est fait choper pas mal de fois, mais la repression n'a pas eu le dernier mot!!
Je pourrai écrire des pages entières sur toutes les facéties qui nous agitaient, mais c'était pour la bonne cause, notre maître mot : la liberté. La liberté d'échapper à ce monde, de s'allonger dans l'herbe grasse d'un parc, sous un soleil de printemps, les mains croisés sous la nuque à regarder la course du vent, à partager notre cigarette... c'est la seule personne avec qui j'appréciais le silence, jamais pesant, toujours complice...
Et puis un jour, je lui présente un ami...Coup de foudre... je m'efface naturellement...Nos routes s'éloignent sans se perdre...Mais la vie se charge du reste...On se perd de vue...
Vendredi soir, je suis en plein match... je tourne la tête, elle me regarde... J'arrête mon geste...un peu comme dans la pub pour Canigou avec le berger allemand qui court au ralenti, au son des violons langoureux... je m'approche, on se marre déjà, l'étincelle n'a pas faibli. je prends ses mains, je ris pour ne pas laisser l'émotion m'envahir (des fois, c'est casse-pied cette émotivité, j'arrive pas à la maîtriser totalement)...On s'étreint, presque maldroitement, elle a l'air aussi touchée que moi... On echange nos adresse mail...Rien n'a changé...
Embarqué par ce flash back, au retour, je manque d'écraser une famille de sangliers (aussi nombreuse que des Mormons). Il fait nuit, j'ai le pieds dedans, coup de frein brutal, dérapage controlé (la grande classe!!). je cale...Et les sangliers continuent de traverser tranquillement...
Il est tard quand j'allume mon PC...Elle est là...