16 ans...
Est-ce que quelqu'un s'est déjà demandé ce qu'était devenu son premier amour ?
J'avais 16 ans, je venais de rentrer au lycée, en seconde quand j'ai eu ma première grande relation. je me suis interressée plus tard que mes copines au sexe opposé. je tenais trop à la liberté, et les grands coups de lichettes des garçons, ne me motivaient pas outre mesure. Leur manque d'expérience me renvoyait ma propre image , celle d'une gamine au caractère bien trempé, mais toujours vierge. Et puis, un jour on quitte son collège, sa ville pour rentrer au lycée. On se sent fort, et presque adulte : le fait de prendre le train (sans tenir la main de sa maman), d'aller boire son café au bar et de payer ses additions seule...On acquierre de l'indépendance.Tous ces petits trucs mit bout à bout, je m'aperçu qu'il manquait quelque chose. J'avais pas mis d'annonce pour trouver l'homme de ma vie, mais mon corps commençait sa révolution intérieur.
Je passe sur les détails de la rencontre, du premier baiser ...J'étais amoureuse comme jamais et prête à faire mes premiers pas, confiante dans l'amour de l'autre. Il avait 6 ou 7 ans de plus que moi, et connaissait mon peu d'expérience dans l'intimité. Il m'a donc initié aux jeux de l'amour... Je ne respirais que pour lui, j'étais bien naïve... Mais je garde en mémoire, toute la force des sentiments que j'avais pour lui, comme on peut se rendre malade pour quelqu'un à cet âge... Une relation où je ne m'épanouissais pas, où j'encaissais les frustrations, les scènes de jalousie... Ne supportant plus l'image que j'avais , soumise et malheureuse, j'ai pris le taureau par les cornes ( il m'en a couté), et j'ai mis fin à cet amour 18 mois plus tard. Je ne l'ai pas fait de gaité de coeur, non, je me suis mentie en tentant de me persuader que je ne l'aimais plus. J'avais surtout besoin de me retrouver, de sortir et de profiter pleinement de la vie. J'avais compris qu'on ne vivait plus à une époque où le premier, c'est pour toujours. L'idée de me projeter dans l'avenir avec lui, devenait glauque et insupportable.
Il m'a rappelé trois semaines après. j'ai tenu bon. Je me souviens des paroles de mon frère qui avait surpris la conversation au téléphone. En gros, je passais pour Cruella, des fois que je ne culpabilisais pas assez.
Il m'a beaucoup manqué, mais je ne pouvais retourner en arrière .
Et puis voilà, l'année dernière je suis allée travailler quelques mois dans la ville où j'avais été au lycée. Un midi, je pars me chercher une petite gourmandise à l'hypermarché du coin. Et là, je tombe presque nez à nez avec lui...Une quinzaine d'années plus tard ! Comme je l'ai reconnu immédiatement, je me suis plantée devant son caddie !!
Moi : "Salut, tu ne me reconnais pas?"
Lui : "Heu si...t'as grandi, on dirait ". J'était dans mes Pumas (sans talon!!), alors là je me dit qu'il faisait preuve d'un sens aigu de l'observation ... (trop con...)
On se fait la bise, il me présente sa fille.On commence à papoter. Il me raconte qu'il s'est marié (avec la fille qui a éponger notre histoire), finalement, je me dit que c'est tant mieux. Il a peu changé, c'est pour ça que je l'ai reconnu. Toujours la même dégaine, les même histoires... je lui raconte que j'ai réemménager dans la région avec ma petite famille. Et là gros débat (d'au moins 20 secondes) :
moi: "On a acheté une vieille maison à la campagne, pour avoir le plaisir de regarder pousser nos enfants."
Lui : "mais c'est débile d'acheter. Y a rien de tel que la location ( il habite dans un quartier un peu sensible!), tu peux changer d'appart quand tu veux." (Mais bien sur...me dis-je silencieusement) Ensuite, j'ai plus rien entendu, tellement c'était désolant...
A 16 ans , je ne savais pas ce que je voulais , mais je savais ce que je ne voulais pas, et là j'en avais la preuve flagrante. Certaines personnes doivent rester à l'état de souvenir. Le hasard est ainsi fait, mais il a au moins eu le mérite de me conforter dans mes choix.