La soumission
Je suis plantée devant l'escalator, regardant le passage incessant des badauds qui défilent en s'élevant au ralenti comme sur une bande vidéo...
Je ne le remarque pas tout de suite, mais elle... Ses yeux cachés derrière une frange fixent le sol...Je distingue, enfin sa silhouette, mais surtout sa tenue vestimentaire... Elle porte une jupe de cuir noir, et pour recouvrir son buste, juste un body en résille transparent, exibant au regard de tous, des seins lourds et laiteux, Seule sa longue chevelure sombre, cachent la pointe de ses tétons. Le couple s'arrêtent à cet étage, elle le suit, sans mouvement brusque de la tête, elle avance se tenant respectivement un mêtre derrière lui, individu hautain et méprisant.
Que peut elle ressentir, promenée par cette longe invisible, montrée en public comme si elle n'était qu'un objet, même pas un bel objet, juste une punition infligée pour je ne sais quelle raison. Lorsque les chaines de l'esclave sont invisibles, on pourrait facilement croire au consentement, mais je n'y vois que manipulation et avilissement devant un homme qui a le pouvoir, sur la faiblesse psychologique de cette femme.
Naivement, je croyais que certaines pratiques sexuelles permettaient d'atteindre un certain épanouissement, une liberté de ton, une complicité accrue de la libido... En l'occurence, cette démonstration publique me laisse un goût amer, mais surtout une envie de révolte.Oui, chacun est libre de se livrer à des jeux de bons ou mauvais goût, mais jusqu'à quel point peut-on disposer de l'autre ?
Accepter c'est se soumettre à la volonté d'autrui, si c'est un jeu, il y a donc des règles, ce qui induit des limites, alors pourquoi un tel manque de respect ? Parce que c'est un fantasme de ne plus avoir de considération pour le soumis ? Réaliser un fantasme nous autoriserait donc à agir de la sorte avec nos pairs...je m'interroge encore sur la relation du boureau et de sa victime...